
Activité symbolique durant le lancement. Objet patrimonial haïtien, le lambi était autrefois utilisé pour rassembler et annoncer les moments importants de la vie collective. Son souffle a résonné comme un symbole d'unité et d'engagement partagé par les communautés, les institutions et les partenaires. Crédit : Edver Serisier.
Dans une initiative historique pour la santé sexuelle et reproductive en Haïti, en Colombie et au Guatemala, le projet régional “Ma Santé, Mes Droits/Sante Mwen, Dwa Mwen” a été officiellement lancé le jeudi 11 juin au Cap-Haïtien. Ce projet ambitieux vise à soutenir la transformation des systèmes de santé en se fondant sur les principes de justice sociale, droits humains et équité.
Financé par le gouvernement du Canada à hauteur de 30 millions de dollars canadiens répartis entre les trois pays, ce projet d'une durée de sept ans, est mis en œuvre par l’Unité de Santé Internationale de l’Université de Montréal (USI), Avocats sans frontières Canada (ASF Canada) et le Centre d’Études et de Coopération Internationale (CECI). En Haïti, le ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), à travers ses deux directions sanitaires départementales (Nord et Nord-Est), est le partenaire principal. Des organisations locales et communautaires œuvrant pour la santé et les droits sexuels et reproductifs collaborent également à la mise en œuvre.
Un lancement dans un contexte stratégique
L’événement coïncide avec les efforts renouvelés des autorités haïtiennes et de la communauté internationale pour renforcer la santé maternelle, adolescente et reproductive, ainsi que l’accès aux droits fondamentaux pour les populations en situation de vulnérabilité. Le lancement servira également à mobiliser les acteurs et actrices gouvernementaux, les organisations internationales et la société civile autour d’un objectif commun : assurer un accès équitable et inclusif aux services de santé sexuelle et reproductive.
Objectifs et actions clés du projet
“Ma Santé, Mes Droits/Sante Mwen, Dwa Mwen” ambitionne de contribuer au renforcement de la résilience et l’équité des systèmes de santé, avec une focalisation particulière sur les femmes, adolescentes et populations marginalisées. Le projet adopte une approche intégrée qui combine les secteurs santé, justice et société civile, contribuant à répondre aux obstacles structurels tels que la pauvreté, le patriarcat, la violence basée sur le genre et l’exclusion sociale.
Parmi les stratégies phares :
- Intégration intersectorielle santé, justice et communauté.
- Renforcement des compétences du personnel sanitaire, judiciaire et communautaire.
- Promotion de masculinités positives et lutte contre les normes discriminatoires.
- Participation active des femmes, adolescentes et groupes marginalisés.
- Valorisation des savoirs locaux et traditionnels.
Le projet bénéficiera directement à plus de 750 000 personnes et indirectement jusqu’à 5 millions, principalement des femmes, adolescentes et filles.

La cérémonie s'est tenue en présence du ministre de la Santé publique et de la Population, Dr Bertrand Sinal, du chef de la coopération de l'Ambassade du Canada en Haïti, Monsieur François Quenneville-Dumont, de la direction générale du MSPP, Dr. Gabriel Thimothé, des Directions sanitaires du Nord et du Nord-Est, de la Direction de la Santé de la Famille ainsi que des partenaires internationaux, institutions de santé, organisations de la société civile et représentantes et représentants communautaires. Crédit: Edver Seriser.
Un partenariat aux expertises complémentaires
L’Université de Montréal, à travers l’Unité de santé internationale (USI), se concentre sur le renforcement des services de santé. Forte de plus de 35 ans de collaboration avec le ministère de la Santé, l’USI a formé et accompagné de nombreux professionnel.le.s intervenant à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Le CECI apporte son expertise en genre et en mobilisation communautaire, tandis qu’Avocats sans frontières Canada contribue au renforcement des capacités des acteurs judiciaires, étatiques et communautaires. Ensemble, ils couvrent le continuum d’intervention, de l’accès aux soins à la défense des droits.
“Ma santé, mes droits” s'attaque aux causes profondes des inégalités qui privent des millions de femmes, d'adolescentes et de populations marginalisées d'un accès équitable aux soins. L'USI est fière de diriger cette initiative aux côtés de solides partenaires en Haïti et au Canada et que des systèmes de santé résilients et inclusifs se bâtissent en plaçant les communautés — et leurs droits — au cœur des décisions. “Karina Dubois-Nguyen, directrice de l’USI.
Une vision partagée pour l’équité
Le lancement réunira des autorités gouvernementales haïtiennes, des représentant.e.s de l’ambassade du Canada, des organisations internationales, de la société civile et des leaders communautaires, toutes et tous engagé.e.s à promouvoir l’équité en santé.
“La mise en place d’un projet sur la jouissance égale de la Santé et des droits sexuels et reproductifs est incontournable pour AFASDA, car elle contribuera à la réduction des inégalités de genre, s’attaquant aux principaux obstacles qui portent atteinte aux droits des femmes et des filles” Elvire Eugène, directrice exécutive, Asosysyon Fanm Soley Dayiti (AFASDA).