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Du 10 au 13 mars 2025, Marie Jobin-Gélinas a eu le privilège d’assister à la 69e session de la Commission de la condition de la femme (sic) à New York. Il s’agit du principal organe intergouvernemental mondial dédié exclusivement à la promotion de l’égalité des genres, rassemblant des représentant(e)s des États membres des Nations Unies, d'organisations de la société civile et d'entités des Nations Unies. L'objectif principal de cette session était l'examen et l'évaluation de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d'action de Beijing, 30 ans depuis son adoption.
Les états membres adoptent une déclaration à la suite des diverses consultations. Cette année, de nombreux gains ont été réalisés: les besoins spécifiques des adolescentes et des filles ont été mis de l’avant, les violences sexuelles et basées sur le genre sont explicitement mentionnées pour la première fois et la couverture sanitaire universelle est reconnue comme un outil essentiel à l’atteinte du droit à la santé. Les efforts déployés par la société civile depuis des décennies n’ont donc pas été vains : les États membres intègrent dorénavant davantage les préoccupations des femmes et des filles ainsi que leur vulnérabilité accrue de subir des violences. Bien que non contraignante, la déclaration permet de formuler un consensus mondial sur les priorités afin d’atteindre l’égalité de genre.
Cependant, cette déclaration a mené à des reculs significatifs. À titre d’exemple, toute référence à la santé et aux droits sexuels et reproductifs a été évacuée du document final, conséquence politique des lois contraires aux principes de justice reproductive. Malheureusement, les barrières financières et géographiques à l’accès aux avortements médicalisés et à la contraception ainsi que la criminalisation de l’avortement n’ont pas trouvé écho auprès des membres de la Commission, qui n’a pas jugé pertinent d’inclure ces enjeux dans la déclaration. La réticence de certains États à respecter, protéger et mettre en œuvre les droits des femmes et des adolescentes n’est pas nouvelle et a pour conséquence de négliger les droits des personnes les plus vulnérables et marginalisées.
Les coupures actuelles et à venir dans l’aide internationale vont nécessairement changer le visage des Nations Unies et de ses partenaires. Une restructuration du fonctionnement de ses agences et commissions sera nécessaire pour affronter les défis du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Cependant, comme Bob Rae, Ambassadeur et Représentant permanent auprès des Nations Unies pour le Canada à New York, l’a mentionné en commission, il y a eu trop d’acquis relatifs aux droits des femmes pour reculer. Il faudra cependant mettre en œuvre des changements importants pour atteindre l’égalité et utiliser les Nations Unies pour ce qu’elle est : une plateforme de mise en réseau et de discussions pour les états et la société civile afin de répondre aux plus grands défis mondiaux.
Bien au-delà d’un évènement de réseautage, cet évènement fut l’occasion d’apprendre des meilleures pratiques mises de l’avant par des organisations dédiées à l’égalité de genre, que ce soit la promotion des droits des femmes, des adolescentes et des minorités sexuelles et de genre, ou le maintien d’acquis parfois fragiles. Bien que le climat mondial actuel soit source de craintes pour plusieurs personnes participantes, il n’en demeure pas moins que de tels évènements permettent de tisser des liens solides entre les organisations de défense des droits des femmes et de développer de nouvelles approches innovantes permettant de rejoindre les femmes et adolescentes les plus vulnérables.
La présence de Marie Jobin-Gélinas à la CSW69 contribuera à la réflexion stratégique de l’USI afin que cette dernière soit agile et prête à poursuivre sa mission d’améliorer la santé des populations. La participation de Marie Jobin-Gélinas à la CSW69 a été rendue possible grâce au soutien du Partenariat canadien pour la santé des femmes et des enfants (CanSFE).