
Fidélia Sessou Hinson, gestionnaire principale du projet CAP Santé et Irina Valisoa Princia Andriamparany, étudiante et stagiaire à l'USI. Crédit photo : USI.
Dans le cadre de sa maîtrise en santé publique à l’ESPUM, Irina Valisoa Princia Andriamparany réalise un stage à l’USI au sein du projet CAP Santé. Son mandat de stage porte sur l’analyse des barrières organisationnelles, institutionnelles et socioculturelles à l’implantation des plans d’amélioration du dispositif de sécurité des patient.e.s mis en place par le ministère de la Santé du Bénin. Son mandat inclut également l’élaboration de recommandations concrètes afin de renforcer le déploiement de ce dispositif.
Pour mener à bien ce travail de recherche, Irina a eu l’opportunité d’effectuer une partie de son stage au Bénin, au sein des bureaux de CARE Bénin/ Togo, partenaire de mise en oeuvre du projet CAP Santé. Elle a été encadrée par Fidélia Sessou Hinson; gestionnaire principale du projet et Espérance Demate, expert Suivi-évaluation, dont “la disponibilité et l’expertise ont été précieuses” comme le souligne Irina.
Pendant six semaines, elle s’est immergée dans le système de santé béninois, en particulier au ministère de la santé et dans les trois départements du Nord ciblés par le projet (Borgou, Alibori, Atacora) afin de mieux comprendre les défis liés à la mise en œuvre des plans d’amélioration de la sécurité des patient.e.s.
Irina a mené une collecte de données qualitatives relatives aux cinq domaines de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en lien avec le sujet d’étude à savoir le leadership et la gestion, l’implication des patients et de la communauté, les pratiques cliniques sécurisées fondées sur des bases factuelles, l’environnement sécurisé, ainsi que l’apprentissage continu. Elle a effectué une analyse de documents institutionnels (guides, rapports, manuels d'évaluation), permettant de contextualiser les pratiques liées à la sécurité des patient.e.s. Elle a réalisé des entretiens semi-dirigés avec des directeurs-trices d’hôpitaux de zone, des professionnel.le.s de santé, des gestionnaires, des médecins coordonnateurs de zones sanitaires, des membres des cellules de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN), les membres de la communauté tels que les comités de gestion en santé (COGES) ainsi que des points focaux en sécurité des patient.e.s. Les données recueillies ont été analysées à l’aide d’une analyse thématique, guidée par les cinq domaines du dispositif. Cette approche a permis de structurer l’analyse tout en laissant émerger, à partir des entretiens, des thèmes transversaux.
Les résultats et recommandations issus des analyses de l’étude contribueront directement à éclairer les parties prenantes en charge du dispositif de sécurité patient ainsi qu’à orienter des actions du projet CAP Santé pour soutenir l’implantation et l’amélioration des plans du dispositif dans les zones sanitaires ciblées du projet.
« Ce stage a profondément renforcé mon intérêt pour les enjeux liés à l’insuffisance des ressources humaines, à l’accès à des soins sûrs dans les zones enclavées et à l’importance d’approches mobilisant les communautés en santé publique. J’ai compris que la sécurité des patient.e.s ne repose pas uniquement sur des outils ou des normes, mais aussi sur des dynamiques humaines : les relations entre le personnel et les patient.e.s, le leadership et le contexte dans lequel les soins sont prodigués".
À propos du projet CAP Santé
D’une durée de 7 ans, le projet CAP Santé, gouvernance et ressources humaines en santé est mis en œuvre par l’Unité de santé internationale de l’Université de Montréal, en partenariat avec CARE. Il bénéficie de l’appui financier du gouvernement du Canada, par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.
Le projet s’inscrit en cohérence avec les priorités du ministère de la Santé du Bénin et vise à :
-Accroître l’accès équitable des populations, en particulier des femmes et des filles, à des services de santé de qualité, notamment grâce aux relais communautaires
-Améliorer la qualité des services de santé primaires, y compris en santé sexuelle et reproductive (SDSR), dans une approche respectueuse des droits et sensible au genre et à l’environnement
-Renforcer la gouvernance du système de santé, notamment en matière de planification, de formation et de gestion des ressources humaines, en intégrant les enjeux d’égalité des genres et d’environnement