
De gauche à droite : Catherine Villemer, directrice de bureau, vice-rectorat au communautaire, à l’international et aux Premiers Peuples-UdeM, Zied Selmi, directeur de l'Unité centrale de la formation des cadres du ministère de la santé, Marjolaine Heon, vice-doyenne aux études de premier cycle, Faculté des sciences infirmières - UdeM, Sylvie Dubois, doyenne de la Faculté des sciences infirmières - UdeM, Mustapha Ferjani, ministre de la santé, Ahmed Ben Cheikh Larbi, directeur de la Mission universitaire de Tunisie en Amérique du Nord, Kaouther Marouani, directrice des réformes à la Direction générale de la rénovation universitaire, Karina Dubois-Nguyen, directrice de l'USI - UdeM et Besma Fayech, consultante tunisienne sur Tajdid Santé.
Chaque année, la Tunisie forme entre 3 200 et 5 100 professionnelles et professionnels paramédicaux. Dans un contexte marqué par le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques, l’essor du secteur privé et la migration des compétences, un décalage s’est progressivement installé entre les formations offertes et les besoins réels du système de santé.
C’est pour répondre à cet enjeu que le projet Tajdid Santé- qui signifie “renouveau”, a vu le jour. Identifié comme projet prioritaire par le comité de pilotage tripartite entre le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS) de Tunisie, la Fondation Besrour et l’Université de Montréal, Tajdid Santé est un projet en plusieurs phases qui vise à moderniser les formations des filières paramédicales en les adaptant à la fois aux standards internationaux et aux besoins du marché du travail.
Entre octobre 2025 et février 2026, une phase diagnostic d’envergure a été menée par l’Université de Montréal afin de dresser un portrait complet du système de formation paramédicale en Tunisie. Cette analyse s’est appuyée sur une triangulation de quatre sources d’information complémentaires : des consultations et des entrevues avec les parties prenantes, incluant les établissements d'enseignement supérieur, les commissions nationales et mixtes et les ministères, ainsi que des données officielles. Cette phase a permis de mettre en lumière les forces du système existant, tout en identifiant des leviers concrets pour une transformation durable.
Du 27 au 30 avril 2026, une délégation de l’Université de Montréal s’est rendue à Tunis dans le cadre de la restitution du diagnostic Tajdid Santé et de co-construction des prochaines étapes. Composée de Karina Dubois-Nguyen (directrice de l’Unité de santé internationale), Sylvie Dubois (doyenne de la Faculté des sciences infirmières), Marjolaine Héon (vice-doyenne aux études de premier cycle, FSI), Catherine Villemer (directrice de bureau, vice-rectorat au communautaire, à l’international et aux Premiers Peuples), Jolianne Bolduc (experte ayant contribué à la phase diagnostic), Besma Fayech (experte tunisienne ayant contribué à la phase diagnostic) et Éric Theriault (coordonnateur du projet, USI), la délégation a pris part à une série de rencontres structurées autour d’une approche participative et inclusive.

Crédit : USI.
Les résultats du diagnostic ont notamment été présentés aux plus hauts niveaux décisionnels, dont le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Mondher Belaid et le ministre de la Santé, M. Mustapha Ferjani, qui a rappelé que l’investissement dans la formation constitue un levier essentiel pour améliorer la qualité des soins et la sécurité des patients, soulignant l’importance de renforcer les capacités pédagogiques et les environnements de stage.
Une session élargie a réuni les établissements d’enseignement supérieur, les autorités publiques, des partenaires internationaux ainsi que des expertes et experts du secteur. La Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal a pu partager certaines expériences liées au développement de référentiels de compétences, de réforme de ses programmes de formation, l’universitarisation de sa profession et comment elle établit des partenariats avec les autres universités et écoles du Québec. Ces échanges ont permis de partager une compréhension commune des enjeux, de discuter ouvertement des constats du diagnostic et d’identifier collectivement les priorités de réforme. Elles vont aussi permettre de traduire les constats en pistes d’action concrètes, donnant lieu à l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle et consensuelle pour guider la réforme en Tunisie.
“Cette expérience démontre que le partage des expertises et la collaboration entre institutions, tous pays confondus, sont essentiels pour faire progresser tant la profession infirmière que la formation et ainsi permettre de soutenir des réformes durables. Chaque collaboration est donc une occasion de transformer les savoirs en actions et de bâtir, ensemble, l’avenir des sciences de la santé au service des populations.” Sylvie Dubois, doyenne de la Faculté des sciences infirmières.
La suite du projet visera à mettre en œuvre ces transformations, notamment à travers :
- le développement de référentiels de compétences
- la révision des curricula
- la formation des enseignantes et enseignants
- le renforcement des environnements cliniques (stages clinique)
Au-delà des programmes de formation, Tajdid Santé s’inscrit dans une vision plus large : celle d’un système de santé plus performant, plus équitable et mieux adapté aux besoins de santé des populations. C’est à travers une collaboration forte entre la santé et l’enseignement supérieure, les secteurs publics et privés, les universités, les écoles et les établissements de soins sous le leadership de la Direction Générale de la Rénovation Universitaire (DGRU) tunisienne que le projet souhaite contribuer de façon stratégique et durable aux réformes en cours.